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Portugal, SOS ma défense a besoin d’aide
Pepe absent, le Portugal s'est présenté ce vendredi face à l'Égypte avec une charnière centrale aussi vieillissante que perméable : Bruno Alves-Rolando. Un duo qui symbolise parfaitement le problème qui ronge actuellement le football portugais confronté à une pénurie de défenseurs centraux. Problématique à quatre-vingts jours du début de la Coupe du monde 2018.
Aussi sympathique soit-elle, la personne qui a déclaré pour la première fois que les chiffres ne mentent pas est tout simplement ignorante. Preuve en est avec le Portugal qui, au regard de ses résultats aux éliminatoires du Mondial 2018, possède la troisième meilleure défense d’Europe – derrière l’Espagne et l’Angleterre – avec seulement quatre buts encaissés en dix rencontres. Et pourtant, la faiblesse des adversaires du groupe et le but encaissé par les îles Féroé (qui a donc inscrit un quart de ses buts face au Portugal) obligent à relativiser cette statistique. Et ce n’est pas le retour en sélection de Rolando, quatre ans après sa dernière cape internationale, qui va inquiéter les attaquants adverses.
On s’était dit rendez-vous dans dix ans
Auteur d’une saison moyenne du côté de l’Olympique de Marseille, Rolando était pourtant titulaire aux côtés de Bruno Alves, ce vendredi face à l’Égypte, pour reformer en Selecção la charnière centrale du FC Porto… de 2008. Avec plus ou moins de réussite. Un retour en arrière qui prouve surtout le creux générationnel que traverse le Portugal en défense centrale, alors que les milieux et les ailiers sont légion au pays des pastéis de nata. Dur pour un peuple qui a connu Fernando Couto, Ricardo Carvalho ou Jorge Costa comme derniers remparts. Heureusement, Fernando Santos peut encore s’appuyer sur son taulier Pepe, même s’il n’est plus tout jeune (35 ans) et que son corps le lâche de plus en plus. Titulaire à l’Euro aux côtés de Pepe, José Fonte, lui, a préféré quitter la Premier League pour s’envoler en Chine lors du dernier mercato hivernal, pour le projet sportif assurément, tandis que Luis Neto galère à s’imposer au Fenerbahçe.
Et la jeunesse dans tout ça ? Ruben Semedo, soupçonné de tentative d’homicide, coups et blessures, menaces, séquestration, port illégal d’arme et vol avec violence, est toujours en prison. Ruben Vezo est remplaçant à Valence et Edgar Ié est à l’image de son club à Lille. Seule éclaircie dans ce trou noir, la montée en puissance d’un troisième Ruben, Dias de son nom de famille, qui, du bas de ses vingt ans, s’impose comme un titulaire au Benfica Lisbonne où il enchaîne les grosses performances. Malheureusement pour lui et le Portugal, alors qu’il avait été appelé pour la première fois par Fernando Santos, le natif d’Amadora s’est blessé deux jours avant le rassemblement et a donc manqué la seule occasion d’impressionner son sélectionneur avant la Coupe du monde.
La droite forte vs la gauche molle
Si la défense centrale portugaise est aussi peuplée que le désert de Gobi, les postes de latéraux, eux, ressemblent plus à une mégalopole européenne. Problème, s’ils sont nombreux, les latéraux portugais ne sont pas pour autant tous performants. Preuve en est avec le couloir gauche où derrière le déjà indispensable Raphaël Guerreiro, Fernando Santos n’a toujours pas trouvé de remplaçant idéal malgré les essais du revenant Fábio Coentrão, de l’ambianceur Eliseu, de l’invité Kévin Rodrigues ou encore du globe-trotter Antunes. Appelé pour la première fois en sélection, le Napolitain Mário Rui aura l’occasion face aux Pays-Bas de prouver qu’il mérite d’être la doublure du latéral gauche du Borussia Dortmund.
Obligé de rappeler des vieux briscards en défense centrale, de tenter un nouveau mec à gauche à chaque rassemblement, Fernando Santos est en revanche bien plus serein lorsqu’il doit choisir les deux joueurs qui vont s’occuper du couloir droit de sa défense. Titulaire en finale de l’Euro, et toujours performant à Southampton, Cédric Soares sera à coup sûr du voyage en Russie où il devrait être accompagné de Nelson Semedo qui a prouvé son énorme talent lors de ses sorties avec le Barça. À moins que les blessures passent par là et que João Cancelo et Ricardo Pereira en profitent pour gratter une place dans l’avion. Si la droite portugaise va donc beaucoup mieux que le centre et la gauche, Fernando Santos peut toujours s’appuyer sur l’expérience de l’Euro 2016 remporté avec une défense qui n’inspirait pas beaucoup plus confiance. Et vu que Cristiano Ronaldo a décidé de casser tous les records de buts en 2018, la Selecção peut se permettre d’encaisser quelques buts.
par Steven Oliveira