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Nasser, Longoria, Textor : eux, omniprésidents
Les joueurs de Ligue 1 ont fait le spectacle ces dernières semaines : 117 buts ont été marqués depuis le 1er février. Malheureusement, les guéguerres de leurs présidents omniprésents ont tout écrasé. Et c’est encore l’image du football français qui en fait les frais.

Nasser al-Khelaïfi par-ci, Pablo Longoria par-là… « Oh, ça va, on a le droit d’exister un petit peu ou pas ? », dirait Frédéric Antonetti. Les présidents de Ligue 1 ont pris toute la place ces derniers jours. Les extraits de la désormais célèbre visioconférence du 14 juillet ont déclenché un tsunami présidentiel, encore renforcé par les débats sur l’arbitrage. « On dit omniprésident. Je préfère qu’on dise ça plutôt que roi fainéant. À force d’écrire que j’en fais trop, au moins, on ne se pose pas la question de savoir ce que je fais », répondait Nicolas Sarkozy à son époque. Pourquoi pas, mais il y a des limites, et un seuil de tolérance à ne pas franchir.
Moi, président
Ils sont là, partout autour de nous, et ne nous laissent aucun répit. Pas même au fond du lit, quand les yeux commencent à se fermer et que les « JEAN-PIERRE ! JEAN-PIERRE ! JEAN-PIERRE ! » de Nasser reviennent en boucle. Le sommeil des amoureux de foot n’est malheureusement que l’une des nombreuses victimes de la cacophonie ambiante. La première d’entre elles est évidemment le football français, une nouvelle fois décrédibilisé. Un autre président, qui s’est exprimé de manière anonyme chez RMC, a alimenté ce cirque perpétuel en qualifiant John Textor et Joseph Oughourlian de « version bon marché de Laporta et Pérez », qui se présentent comme « des génies » et qui « divisent tout le monde pour aider leurs propres positions ». Le groupe vit bien…
Là où l’intelligence recommanderait de faire profil bas, les piques fusent à tout-va. Le contexte est pourtant très sérieux au regard de la fragilité du contrat avec DAZN, désireux de renégocier à la baisse. Le principal diffuseur de la Ligue 1 pourrait même sortir par l’issue de secours en décembre si la barre du million et demi d’abonnés n’est pas atteinte. Ce qui sera probablement le cas au regard des derniers chiffres annoncés (500 000 abonnés, soit seulement un tiers de l’objectif affiché). La valorisation et l’image du football français représentent plus que jamais un enjeu vital pour les clubs. Dommage que les présidents choisissent ce moment pour jouer contre leur camp.
« Championnat de merde ! »
Pablo Longoria a porté le coup de grâce samedi soir à l’issue de la deuxième défaite de l’OM contre Auxerre cette saison (3-1). Le président marseillais est entré dans une colère noire à la suite du deuxième jaune de Derek Cornelius, laissant exploser sa rage dans les couloirs de l’Abbé-Deschamps. « Quelle corruption ! C’est de la corruption totale dans ce championnat de merde ! », a-t-il vociféré, donnant au passage un coup de pied dans une pauvre caisse qui n’avait rien demandé. La VAR est formelle : « championnat de merde » est sorti de la bouche de Longoria à sept reprises pendant cette séquence. L’énième épisode d’une série désastreuse pour le foot français.
🚨 | Vidéo exclusive DANS LA ZONE : Pablo Longoria réagit avec colère lors de #AJAOM. Découvrez l’intégralité de la séquence dès maintenant… 👀 pic.twitter.com/qcSrnqzBaD
— DAZN France (@DAZN_FR) February 23, 2025
Voilà une semaine que les omniprésidents de la Ligue 1 tirent la couverture, partout et tout le temps, pas toujours sur les sujets pertinents ni au bon moment. Ils débordent même à l’étranger, puisque le sniper John Textor – avant de se trimballer au Groupama Stadium avec un stetson, un cirque, on vous dit – est passé par la presse espagnole pour en remettre une couche et régler ses comptes avec ses collègues, jugeant Longoria, Olivier Létang, Damien Comolli et Jean-Pierre Caillot comme des « porte-parole du PSG ». Létang avait d’ailleurs apporté sa pierre à l’édifice en offrant une scène ridicule autour du quatrième arbitre contre l’OM le mois dernier. Une omniprésence générale qui a éclipsé le terrain et les joueurs, alors que les quatre dernières journées (3,3 buts par match de moyenne) étaient propices à faire parler, en bien, de la Ligue 1. Le football français n’a pas fini de souffrir.
Le classement des effectifs de Ligue 1 les plus cotésPar Quentin Ballue