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- Arsenal-Lens (6-0)
Lens, la mauvaise mine
Surclassé à l'Emirates, Lens a pris une claque qui restera dans les mémoires (6-0). Remis à sa place par une équipe d'Arsenal impitoyable, le sixième de Ligue 1 lorgne désormais la Ligue Europa.
La marche était trop haute. Bien trop haute. Dépassé à tous les niveaux, Lens a coulé sur la pelouse de l’Emirates mercredi soir (6-0). Tel Brahim Asloum sur le ring face à Francis Ngannou, le Racing s’est pris des patates de tous les côtés et a fini salement amoché. Le combat a vite été plié. Les Sang et Or en sortent avec la plus lourde défaite de l’ère Haise, effaçant les 4-0 infligés par Lille en octobre 2020 et par Brest en novembre 2021. Il faudra s’en relever, et vite.
Jesus crie
Invaincu après trois matchs de Ligue des champions, le RC Lens avait essuyé un premier revers à Eindhoven (1-0) lors de la quatrième journée, sans démériter, prouvant une fois encore qu’il pouvait nager avec les gros poissons. Impossible d’en dire autant mercredi. Performante en championnat (cinq clean sheets consécutifs), la défense nordiste a craqué quatre fois dans la première demi-heure sur la pelouse londonienne. Kai Havertz a ouvert les festivités sur une passe de Gabriel Jesus, qui a dominé Kevin Danso dans les airs alors qu’il rend 15 centimètres à l’Autrichien sous la toise. Le symbole d’une soirée où la détermination des Gunners a rétréci un Racing habitué à s’élever face à l’adversité. Przemysław Frankowski a vécu un calvaire face à la vivacité de Jesus et Gabriel Martinelli. Franck Haise a activé un levier inhabituel compte tenu de l’intensité de la tempête en sortant, entre autres, son talisman Florian Sotoca dès la mi-temps. Sans réussir à inverser le cours des choses.
6-0 – Lens a subi la plus large défaite d'un club français en compétition européenne depuis Bordeaux face à Parme en mars 1999 en Coupe de l'UEFA (6-0 également). Set. pic.twitter.com/ovldRZqPAW
— OptaJean (@OptaJean) November 29, 2023
Sardou, Delpech et Luis Mariano
Cisaillé, comme les chaussettes de Bukayo Saka, le Racing a fini le match sous les « six nil to the Arsenal ! », repris en chœur par le public, et les « olé ! » à chaque passe échangée. Trop facile pour les Gunners. Franck Haise n’avait pas grand-chose à y redire en conférence de presse : « Je n’ai pas beaucoup de regrets. Quand on perd 6-0, c’est qu’il y a trop d’écart entre les deux équipes, que l’adversaire vous est largement supérieur. Si on n’est pas fort sur nos fondamentaux, ça ne passe pas. » La charnière centrale est notamment passée à côté. À l’autre bout de la pelouse, huit petits ballons touchés dans la surface adverse – trois fois moins qu’Arsenal (24). Elye Wahi a bien essayé de répondre ici ou là, à l’image de sa frappe dans le money time, contrée par Gabriel (90e), mais l’action a surtout donné l’impression que Lens n’avait pas les armes pour bouger le leader de la Premier League. « On a payé nos erreurs très vite, trop vite, regrette Haise. Ça fait partie de la différence d’écart entre une équipe comme Arsenal et une équipe comme la nôtre. Eux sont capables d’être très réguliers au très haut niveau. Nous, on peut faire des coups. »
Les Gunners ont fait preuve d’un réalisme glaçant en convertissant six de leurs huit tirs cadrés, renvoyant Lens à ce que l’on pourrait parfois oublier : un club qui évoluait encore en Ligue 2 en 2020 et qui a passé seize années sans humer le doux parfum des joutes continentales. « Il y a un sixième match qui a de l’importance pour nous, contre Séville, pour continuer à apprendre en Europe », insiste l’entraîneur lensois, plaçant son équipe dans la posture de l’élève. Un nul à Bollaert enverra directement les Sang et Or en Ligue Europa. Une compétition où, il n’y a pas si longtemps, ils sortaient l’Atlético puis le Celta (2000), ou encore le Pana (2007). Pour ça, il faudra digérer le 6-0 collé par les boys d’Arteta. « Quand on a pris une grosse claque, on a juste envie d’y retourner », répond Haise, heureux que son équipe puisse passer à autre chose dès samedi, contre Lyon. Le Racing pourra prendre exemple sur ses supporters qui, loin de se laisser assommer, ont donné de la voix (et des fumis) tout au long du match. Le parcage a révisé ses classiques en faisant résonner l’air des Lacs du Connemara, alors que le score était de 5-0, avant de convoquer Michel Delpech en reprenant Pour un flirt à la 70e minute. Il n’y a plus qu’à espérer qu’ils s’inspirent de Luis Mariano, dans deux semaines, en faisant La Fête à Séville.
Par Quentin Ballue, à l'Emirates