- Espagne
- Liga
- 1re journée
- Real Madrid / Cordoue (2-0)
Le Real assure plus que rassure
Insipide durant toute la rencontre, le Real Madrid a assuré ses trois premiers points de la saison grâce à un Benzema en renard, et un Ronaldo tardif buteur. Bref, alors que se profile un nouveau derby de Madrid dans une semaine et demie, Carlo Ancelotti a encore du travail. Beaucoup de travail.
K. Benzema (29′), C. Ronaldo (89′) pour Real Madrid
Benzema est une cible facile, la favorite, même, de nombreux médias ou supporters merengues. Dernièrement, cette presse le chargeait pour son manque d’efficacité. Il est vrai, un but lors des 14 dernières sorties du Real Madrid, c’est peu, trop peu. Mais de son implication dans le jeu, son sacrifice dans le placement, pas un mot. Nada. Après cette première journée de la saison en Liga, force est de constater que la Benz est l’un des rares au niveau. Plus en jambes qu’un Ronaldo en délicatesse avec une position plus avancée, plus adroit qu’un Bale à côté de son football, il a débloqué une situation mal embarquée. À la retombée d’un corner de Kroos, il catapulte le cuir au fond des filets. 90 minutes durant, le Petit Poucet andalou a tenu la dragée haute au Real Madrid. Le festival de buts annoncé n’a pas eu lieu, et les nouvelles têtes madridistas – James en tête – ont plus déçu que convaincu. Bref, un match à oublier, et vite.
4-3-3 ou 4-4-2 : l’ennui
42 ans plus tard, Córdoba retrouve l’élite espagnole. Une éternité pour ses milliers de supporters qui remplissent et animent le Santiago Bernabéu. L’audience madrilène, elle, attend avant de s’emporter. Et s’impatiente rapidement. Le schéma tactique de Carlo Ancelotti tâtonne à défaut d’étonner. Son 4-3-3 en phase défensive prend des allures de 4-4-2 lorsque son Real détient le ballon. Beaucoup plus axial, Cristiano Ronaldo délaisse son couloir gauche pour James. A contrario de Di María, le Colombien préfère l’axe et, bien malgré lui, provoque un embouteillage dans cette zone. Malgré une lenteur dans les transmissions, les occasions sont madridistas. Sur coup franc, sur des tentatives lointaines, ou dans le dos des Blanquiverdes, rien n’y fait : les Merengues se cassent les dents. Il faut attendre la demi-heure de jeu et un corner botté par Toni Kroos pour que le Bernabéu s’emporte. À la réception, Karim Benzema envoie le ballon en lucarne et permet à Carlito de respirer. La suite est plus fluide. Déjà en patron, Toni Kroos récupère plus haut et abreuve ses acolytes offensifs. Dommage, ils n’ont plus soif jusqu’à la pause. Pis, ils sont proches d’encaisser un but copier-coller du leur dans la dernière minute de ce premier acte sur une tête de Mike Havenaar.
Et encore, le Real s’en sort bien…
Le Japonais – oui, oui, Mike est un Nippo-Hollandais – reprend les hostilités en seconde mi-temps. Malgré son presque double mètre, il s’amuse de deux défenseurs merengues, puis oblige Casillas à la parade. Ce Real est à la peine, la faute à un manque de maîtrise au milieu de terrain. De fait, le trio Kroos-James-Modrić est souvent tenté d’allonger vers ses pointes. Dans sa nouvelle position, Cristiano Ronaldo rate beaucoup. Surtout, plus haut, il se trouve très souvent en position de hors-jeu, obligeant Benzema à se sacrifier, libérer des espaces et s’excentrer sur l’aile gauche. La seule opportunité depuis la reprise arrive des pieds du Colombien. Pas en réussite, sa lourde frappe est boxée par Juan Carlos. Tout un symbole, Albert Ferrer décide à l’heure de jeu passée d’effectuer son dernier changement en mettant en piste un troisième attaquant. Une option payante, car à 20 minutes du terme, Xisco croit offrir l’égalisation aux siens. Un mètre trop haut, il est fort logiquement sifflé en position de hors-jeu… Fatigué, Córdoba tire la langue, mais ne concède que très peu d’occasions. Dommage, Cristiano Ronaldo, à l’entrée du temps additionnel, envoie une lourde frappe qui certifie le 2-0 et sert de cache-misère. Ce Real s’en tire avec les trois points et plus d’incertitudes qu’avant le coup d’envoi…
Par Robin Delorme, à Madrid