- France
- AJ Auxerre
Auxerre, l’Yonne rugissante
Dans le flou après sa descente en Ligue 2 au printemps 2023, l’AJ Auxerre n’aura finalement eu aucun mal à retrouver la Ligue 1 un an plus tard. Retour sur un parcours maîtrisé.
Neuvième. Voici le pire classement occupé par l’AJ Auxerre cette saison en Ligue 2. Nous étions alors le 26 août 2023, au soir de la 4e journée, et l’AJA clôturait son entame de campagne avec cinq points seulement. Depuis, les Auxerrois ont enchaîné sans jamais lever le pied, pour s’accrocher au podium dès la 8e journée et ne plus le lâcher. Un peu moins de neuf mois plus tard, le club est promu en Ligue 1 sans vraiment trembler – avec un titre de champion à la clé – et en ayant déjoué la morosité ambiante.
Un championnat largement dominé
Il faut dire qu’au printemps dernier, le climat ne prêtait pas vraiment à la sérénité. Lessivés par une vaine lutte pour le maintien dans l’élite, les supporters icaunais ont un temps craint le départ de James Zhou, leur propriétaire chinois. Une option finalement balayée par l’industriel lui-même, dans L’Yonne républicaine : « La relégation ne va pas influencer ma décision de rester ici. On a un projet sur trois ou cinq ans, je l’ai déjà dit plusieurs fois. » Repartie dans l’antichambre, l’AJA a ainsi décidé de s’appuyer sur son trio de base pour digérer la désillusion : James Zhou aux affaires, Baptiste Malherbe à la présidence, et Christophe Pélissier au sportif. Une stratégie simple, qui n’aura mis que quelques semaines à se mettre en route, au bénéfice des joueurs.
« C’est rare de remonter tout de suite après une descente. Le club a été excellent dans sa gestion de la descente. Je me souviens des premiers jours de la reprise. Pendant trois jours, dans mon bureau, j’ai vu des joueurs qui ne souhaitaient pas rester en L2. Il a fallu les convaincre », savourait Pélissier dans les colonnes du Parisien après la promotion des siens. Sur la photo de fin de saison, difficile de lui donner tort, avec un Gauthier Hein moins peroxydé mais élu joueur de l’année, trois attaquants à dix buts ou plus (Ado Onaiwu, Florian Ayé, Hein) et deux meneurs de jeu sur le podium des meilleurs passeurs du championnat (Gaëtan Perrin et l’insaisissable Hein). L’implication aura été totale. Comme symbole de cette dynamique vertueuse, l’AJA n’aura d’ailleurs connu aucun passage à vide d’août à mai. Les mauvaises périodes ne se résument ainsi qu’à quatre journées avec deux défaites consécutives (12e et 13e journées, 32e et 33e journées). Pour le reste, rien à signaler.
Le poids de l’histoire
Ces excellentes données seraient-elles le signe d’un retour en grande forme pour le football auxerrois ? C’est en tout cas ce que l’on a envie de penser. La nostalgie aidant certainement beaucoup, retrouver un club de cette stature en Ligue 1, avec une stabilité visible, a effectivement de quoi rassurer. À l’instar du Stade de Reims, du RC Strasbourg ou de Lens lors de la décennie écoulée, puis du Havre l’an dernier, Auxerre nous offre donc à son tour ce soupçon proustien, que l’on en soit supporter ou non.
Un sillage dans lequel le football voudrait également voir s’inscrire l’AS Saint-Étienne, les Girondins de Bordeaux, Sochaux, Troyes ou Nancy, d’autres édifices actuellement en péril. En attendant, ce petit plaisir nous est offert par Christophe Pélissier et ses hommes : « Je me remémore notre descente il y a un an, l’état du vestiaire après notre défaite contre Lens. Il y avait des larmes. Là, il y a aussi eu des larmes, mais ce sont des larmes de joie. On est heureux d’avoir donné du bonheur aux gens, on marque 68 buts, on a montré du talent et un jeu attractif. On était en mission pour faire remonter l’AJA et il fallait assumer. » Oui, cela va faire du bien de retrouver l’Abbé-Deschamps en Ligue 1.
Par Adel Bentaha