- C1
- Gr. F
- Milan-PSG (2-1)
Et si le PSG visait la Ligue Europa ?
Comme ses trois concurrents dans le groupe F, le Paris Saint-Germain a son destin entre ses mains pour la qualification en huitièmes de finale de Ligue des champions. Et si, cette fois, être reversé en Ligue Europa était le meilleur moyen pour Paris de frissonner ?
On ne sait pas si c’est le groupe de la mort ou celui de la vie – c’est une question de point de vue, sûrement –, mais la poule F de cette cuvée de Ligue des champions, celle du PSG, rassemble ce qu’on aime dans le foot : des beaux noms, des belles ambiances et surtout de l’incertitude. À deux journées du terme, les quatre concurrents ont leur destin entre leurs pieds pour rester dans la course aux étoiles jusqu’à début mars, au moins. Trois points séparent le leader, Dortmund, du dernier, Newcastle, qui sera certain d’être au rendez-vous des huitièmes s’il remporte ses deux prochaines rencontres (à Paris et à la maison contre le Milan). C’est parti pour les comptes d’apothicaire, et ça fait partie du charme de cette compétition, qui ne ressemblera plus à grand-chose dans son nouveau format la saison prochaine. Il n’est pas question de jouer les petits bras : le Paris Saint-Germain, pour ce qu’il dépense et ce qu’il veut représenter, doit viser une place dans les deux premiers pour faire partie des seize derniers prétendants à la couronne en février. Et si, cette fois, le PSG se loupait et échouait à la 3e place ? On en est loin, pour l’instant. Ce serait la première fois qu’il manquerait à l’appel des huitièmes depuis 2012 et ce serait presque rafraîchissant de le voir s’éclater chez la petite sœur, trop souvent méprisée et qu’il pourrait prétendre gagner : la Ligue Europa.
La Ligue Europa pour écrire une autre histoire
Une fois passée la déception de ce qui serait un échec évident, les supporters parisiens bouderaient-ils vraiment des matchs couperet permettant à leur club de cœur d’accrocher une deuxième Coupe d’Europe dans sa vitrine ? La première, la Coupe d’Europe des vainqueurs de coupe glanée en 1996, aussi connue sous le nom de C2, reste un moment marquant dans l’histoire du club de la capitale. C’était une autre époque, une autre compétition et surtout un autre PSG, c’est vrai, mais après une décennie passée à se battre pour son rêve ultime depuis l’arrivée des Qataris, Paris a compris qu’on ne gagnait pas une Ligue des champions en un an, même pas en dix. Où est le plaisir dans ces désillusions à répétition ? La saison dernière, quand Neymar et Lionel Messi portaient encore le maillot parisien, la double confrontation face au Bayern Munich, pourtant loin de ressembler à un ogre, n’avait procuré aucun frisson, aucune émotion. Seulement de la résignation, celle d’échouer au même stade chaque année, sans avoir l’impression de pouvoir faire mieux. Cette année peut-elle être la bonne ? Possible, c’est du foot. Après tout, Liverpool avait perdu ses trois matchs à l’extérieur en phase de poules avant d’être sacré à la fin du printemps.
Liverpool, justement, se présente comme un bon exemple pour rappeler que la Ligue Europa n’est pas un bibelot ou un tournoi au rabais. En 2015-2016, l’ère Jürgen Klopp avait débuté par une aventure en C3 et une finale perdue contre le FC Séville, trois ans avant de monter sur le toit de l’Europe. Pour ce PSG qui a entamé une vraie révolution et une reconstruction de son effectif cet été, il n’y aurait rien de honteux à s’éclater à l’étage du dessous, où le plateau est souvent sexy, à défaut d’y retrouver les vrais cadors européens. Ce serait une manière d’apprendre à gagner, peut-être, alors que le club parisien sait surtout comment perdre depuis dix ans. Il faudrait le prendre comme une belle étape plutôt qu’une punition, voire comme une cure d’humilité pour se rappeler que la bonne santé d’un club ne peut pas se résumer à ses performances en Ligue des champions. En 2013, Chelsea avait soulevé la Ligue Europa un an après avoir enfin conquis la coupe aux grandes oreilles. Depuis, les Blues l’ont gagnée une nouvelle fois, tout comme Manchester United ou encore l’Atlético de Madrid, des clubs du standing de Paris. La finale se jouera à Dublin, une ville de rêve pour faire la fête et disputer le match d’une vie (ou plutôt d’une saison). Les scènes de joie seront les mêmes, en mai prochain, si le PSG devient le premier représentant français à ramener une coupe d’Europe sur le territoire depuis le début du siècle. Et ce serait aussi bien comme ça.
Par Clément Gavard