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José Mourinho en Turquie : qui se ressemble, s’assemble
De nouveau pris dans la polémique en Turquie, José Mourinho vit comme un poisson dans l’eau sa nouvelle idylle près du Bosphore. Entre lancements d’alerte et embrouilles.

« Le banc de Galatasaray sautait comme des singes après chaque bonne décision. » À travers cette sortie piquante mais loin d’être méchante, José Mourinho a poussé son classique coup de gueule d’après-match, au sortir du nul (décevant) entre Galatasaray et Fenerbahçe ce lundi soir (0-0). Le Portugais a ainsi tenu à féliciter le travail de l’arbitre slovène, Monsieur Slavko Vinčić – spécialement désigné pour diriger cette partie à haut risque –, mais aussi à égratigner quelque peu ses rivaux qui, selon lui, ne seraient pas habitués à être bien arbitrés. Sauf que du côté de Galatasaray, cette déclaration n’est pas du tout passée. Dans un communiqué, le club jaune et rouge a en effet annoncé porter plainte contre Mourinho, pour « déclarations racistes » et pour usage de « mots désobligeants à l’égard du peuple turc, depuis qu’il a commencé à travailler en Turquie ». Une décision qui illustre assez bien le rôle joué par le Mou en Turquie.
Galatasaray formally announce both criminal proceedings as well as official complaints to UEFA and FIFA regarding José Mourinho's statement after The Intercontinental Derby that Galatasaray's bench were 'jumping like monkeys' after Slovenian referee Slavko Vincic decided not to… pic.twitter.com/SLnrFHN7rq
— CBS Sports Golazo ⚽️ (@CBSSportsGolazo) February 24, 2025
Dans l’imaginaire collectif et le monde merveilleux des clichés, la Turquie se résume en un mot : folie. Folie des supporters, des joueurs, des dirigeants, de l’opinion. Cela tombe bien, cette identité marquée fait aussi partie du mécanisme José Mourinho. Taré à son échelle, le technicien s’est toujours nourri du clivage qu’il suscitait et a toujours su retomber sur ses pattes. Lorsqu’il a débarqué à Istanbul en juin dernier, l’histoire semblait donc évidente. Grimé de son costume de lanceur d’alertes, le Special One n’a pas tardé à (re)trouver son ennemi : le système. Un terme fourre-tout, qui englobe arbitrage, médias et mauvaise gestion d’un football turc incapable de se sortir de ses vices (un parallèle à faire avec le football français ?) Là où nombre d’entraîneurs se sont cassé les dents – souvent par peur –, lui fonce dans le tas, en dénonçant à qui veut l’entendre ces problématiques bien plus profondes qu’un simple folklore local.
Mourinho a encore quelques années à donner
En quelques mois, la salle de presse est ainsi devenue une arène, sans limite de punchlines : « On m’avait prévenu avant même que je n’arrive, je n’y croyais pas, mais c’est encore pire que ce qu’on m’avait dit. On joue contre un système. Et jouer contre un système est la chose la plus difficile. » Voilà pour les dirigeants. « Les médias cherchent encore à m’abattre. Donnez-moi un peu de crédit. […] Ne cherchez pas à me faire ce que vous avez fait à Giovanni van Bronckhorst (viré de Beşiktaş peu avant). » Voilà pour les médias. « Après le match contre Fenerbahçe, j’ai remercié Slavko Vinčić pour avoir arbitré ce grand match. Si cela avait été un arbitre turc, cela aurait été un désastre complet. » Voilà pour l’arbitrage. Trois bastos parmi une série de rafales, démontrant à quel point Turquie et Mourinho vont de pair.
🟡🔵 Fenerbahçe Teknik Direktörü Jose Mourinho'nun galibiyet golünün ardından yaşadığı sevinç! | #TSvFB #beINSPORTS pic.twitter.com/pkv2KBwMkX
— beIN SPORTS Türkiye (@beINSPORTS_TR) November 3, 2024
Sportivement, la recette est également bonne. Décrié pour son style de moins en moins rattaché au football actuel, le Mou a trouvé le projet quasi idéal avec Fenerbahçe, club luttant pour les titres nationaux chaque saison et habitué des coupes d’Europe. Ni trop bas, ni trop haut pour un coach de 62 ans finalement. Et dans ce contexte testostéroné, ponctué par le communiqué incendiaire de Galatasaray, José Mourinho n’aura qu’à fouiller dans sa mémoire afin de ressortir ce classique posé début février : « Je suis sûr que je suis un Special One, pas le Special One. Ma carrière ne se définit pas en un seul match. Ma carrière se juge sur 25 ans. »
Fenerbahçe défend José Mourinho, accusé de racisme par GalatasarayPar Adel Bentaha