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Chelsea-Arsenal, le choc des extrêmes

dimanche 30 novembre 2008

Encore un gros dimanche en perspective outre-Manche. Le derby de Manchester à peine terminé, les regards se tourneront vers Stamford Bridge où des Blues sûrs de leur force reçoivent des Gunners en pleine déliquescence.

Chelsea vs Arsenal. Un derby entre deux équipes que tout oppose : leurs couleurs, leur histoire, leur entraîneur, leur système de jeu, leur politique de transferts et, surtout, leur forme du moment. A l’heure actuelle, Chelsea semble imprenable, peut-être la meilleure équipe du continent. Même lorsqu’ils sont en difficulté, comme à Bordeaux en milieu de semaine, les Blues sont capables de faire le dos rond et d’attendre tranquillement de placer le contre assassin. Pour ainsi dire, les coéquipiers de Terry n’ont jamais semblé aussi solides depuis 2004-2005, soit la première année de l’ère Mourinho. Pas mal pour une équipe qui partait un peu dans l’inconnu en début de saison (nouveau coach, nouvel avant-centre) et qu’on croyait au fond du gouffre moralement après être passé si près de la C1 la saison dernière. Hasard ou coïncidence, le renouveau de la bande à Scolari correspond au net regain de forme de leur récupérateur-meneur-tacleur-buteur Frank Lampard.

A l’inverse, les babys Gunners et leurs dix-huit buts encaissés en quatorze matches se rendent à Stamford Bridge dans l’espoir d’enrayer une série de deux défaites consécutives. Il existe des pelouses moins hostiles pour cela. Avant-même le coup d’envoi, les hommes de Wenger accusent un retard de 10 points sur leurs hôtes du week-end. Un gouffre qui paraît déjà insurmontable pour « des jeunes manquant de caractère » comme les a qualifiés récemment William Gallas.

D’ordinaire, Arsenal avait l’habitude de fléchir lors du rush du boxing day, avant de définitivement perdre le titre au printemps. Cette saison, les Canonniers sont hors course dès l’automne. Surtout, Arsenal nous avait rarement habitués à un tel bordel en coulisses, même lors du vrai faux départ de Thierry Henry en 2006, même lorsque Vieira décida d’abandonner le navire un an plus tôt ou bien lorsque l’historique vice-président David Dein décida de passer la main. Depuis l’affaire Gallas, le ressort semble cassé. Il faut dire qu’à travers ces reproches sur le manque de métier de ses coéquipiers, c’est toute la politique de Wenger, et donc du club, qui est remise en cause par le défenseur de l’équipe de France.

Un match de gal(l)a(s)

Ecarté la semaine dernière lors de la déroute à Manchester City (0-3), Willy fera son retour dans l’arrière garde des Canonniers, mais déchu du capitanat. Le manager alsacien a en effet décidé de confier le brassard au jeune Fabregas. Une solution d’avenir, histoire de responsabiliser son leader technique, mais également de lui ôter l’envie d’aller voir ailleurs l’été prochain après une saison que l’on peut légitimement deviner une nouvelle fois sans titre.

Chelsea finira la saison devant Arsenal, c’est une quasi certitude. Pour autant, le choc de ce dimanche est-il déjà joué ? Pas vraiment. Face aux gros, les vice-champions d’Europe n’ont pris qu’un point en deux matches à domicile. Après avoir frisé la correctionnelle face à MU, ils sont bel et bien passés à la trappe lors de la réception des Reds de Liverpool. Chelsea doit surtout son classement actuel à son exceptionnel parcours à l’extérieur. A la maison, les Blues n’affichent que le septième bilan de Premier League et ont déjà abandonné neuf points sur 21 possibles. « Si nous marquons le premier but, nous en marquerons alors peut-être trois ou quatre », résume Scolari. Mais face à une défense hyper regroupée, ils ont souvent du mal à trouver l’ouverture. Heureusement pour Chelsea et pour le spectacle, Arsenal, qui récupèrera en outre Adebayor, Sagna et Nasri, n’est pas ce genre d’adversaire. On se dirige donc vers un choc ouvert, qu’on imagine avec des buts. Et dont on peut résumer les enjeux par le sempiternel “malheur au vaincu”. Surtout si c’est Arsenal.

Marc Hervez

Chelsea-Arsenal, 17 heures


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